Introduction

Après l’Allemagne, c’est la France qui ressent le besoin de réforme. Mais ici c’est d’abord l’humanisme chrétien qui se développe sous l’influence d’Erasme et de Lefèvre d’Etaples qui traduit le NT en français. Ces hommes espèrent une réforme progressive et intérieure de l’Eglise et trouve des échos favorables dans la société humaniste jusque dans la famille royale : François Ier leur est favorable et sa soeur Marguerite d’Angoulème, reine de Navarre, les protège ouvertement. Mais ils se heurtent à une double opposition à la fois catholique et luthérienne.

A la différence de l’Allemagne, en France, l’imprimerie ne joue pas un grand rôle dans la diffusion des idées évangéliques car elle était placée sous un trop grand contrôle pour permettre aux ouvrages de circuler. Les cultes avaient lieu en cachette et se résumaient souvent à des études bibliques auxquelles Calvin aurait participer à Poitier.

Martin Luther (1483-1546)
Règne Charles V : 1519-1556
Jean Calvin (1509-1564)
Règne François Ier : 1515-1547

En fait, François Ier craint en matière de politique intérieure des soulèvements provoqués par les querelles religieuses et demande au pape le renforcement des mesures prises à l’égard des hérétiques. Tandis qu’en politique extérieure, le roi agit différemment envers les protestants. Il tente un rapprochement avec les princes luthériens allemands dans le but d’affaiblir son rival Charles V.

La persécution commence après l’affaire dite « des placards » en 1534, où des pamphlets contre la messe sont placardés pendant la nuit jusque sur la porte de la chambre du roi. La tentative de réforme lancée par les humanistes échoue, quand apparaît alors un réformateur beaucoup plus scrupuleux et entreprenant : Jean Calvin.

Sa théologie et son rôle dans l’histoire font de lui, après Luther mais aussi à côté de Luther, un grand réformateur.

Le mérite de Calvin est que le mouvement de la Réforme de l’Eglise a pu dépasser les frontières de l’Allemagne et se répandre largement en Europe et créer aussi un équilibre après le grand schisme amorcé par Luther.

1. Qui est Jean Calvin ?

Jean Calvin est né à Noyon en Picardie (100km de Paris). Il étudie le droit à l’université d’Orléans qui est ouverte aux idées évangéliques et c’est là qu’il entre en contact avec les idées protestantes. Puis il entame des études de lettres et de théologie et fréquente activement les milieux évangéliques. Ce serait vers cette époque qu’il se converti au protestantisme.

Suite aux persécutions qui sévissent en France, Jean Calvin doit quitter Paris et se réfugie à Bâle où il espère vivre tranquillement en publiant ses livres. Et c’est là qu’en 1536, il publie la 1ère édition de « L’Institution Chrétienne » avec en préface, une épître qu’il dédie au roi de France, pour défendre les protestants français

persécutés. En peu de temps, cet ouvrage va le rendre célèbre dans toute l’Europe. Calvin le révise régulièrement et il devient un outil doctrinal.

Plus tard, au retour d’un voyage en Italie Calvin passe par Genève où il est retenu par G.Farel qui a besoin de lui pour poursuivre son oeuvre de réforme et où Calvin va tenter d’imposer ses points de vue. Genève va devenir une ville refuge pour tous les protestants persécutés de France, d’Italie, d’Angleterre et de Hollande.
En fait Genève est passée à la Réforme sous l’influence de la ville de Berne mais elle est encore fort catholique, et là Calvin va y aller un peu trop fort. Il veut transformer Genève en une société entièrement bâtie sur la Bible. Il est beaucoup trop exigeant et va s’attirer des ennuis au point de se voir expulser par les autorités de la ville.

Il voulait  établir à Genève
–> une église confessante = tout genevois doit signer un accord sur un texte de confession de foi qui permet entre autre de pouvoir participer à la sainte-cène.

Chez Calvin la raison tient une place importante. Il dit que Dieu nous touche par son Esprit d’abord par l’intermédiaire de la raison, puis du coeur.

C’est la prédication qui est le point central du culte, le sacrement vient après.

Calvin est juriste de formation, il veut :
- structurer les choses au niveau de la théologie, de la doctrine
- organiser l’église locale autour de la confession de foi

Parallèlement il existait aussi :
–> Eglise professante (anabaptistes) : il faut « professer » sa foi au niveau individuel  (en avance pour le 16eS).
–> Eglise multitudiniste (Luther): les enfants participent à la cène très tôt (catho. à 7 ans). C’est la collectivité qui l’emporte.

Mais le point de vue de Calvin n’est pas compris par les autorités civiles de Genève qui l’expulse avec G. Farel en 1538.

Alors Calvin se rend à Strasbourg (à l’époque indépendante de la France) où il rédige sa 2e édition de « l’Institution Chrétienne » et où pendant 3 ans il va exercer, avec M.Bucer, la fonction de pasteur auprès des réfugiés protestants français. Il participe à des colloques allemands où il rencontre d’autres réformateurs mais jamais M.Luther !

Ensuite, en 1541, revirement de situation, Calvin est rappelé par les autorités de Genève où on va lui demander de proposer un système pour structurer et implanter la réforme dans la ville. Il doit tout organiser.

Il y exerce les fonctions de pasteur et de porte-parole des pasteurs devant le conseil de la ville et accomplit des oeuvres remarquables. Mais il sera toujours considéré comme « l’étranger », le Français.

- Il rédige au nom de l’Eglise les « ordonnances ecclésiastiques » (ouvrage de discipline) qui fournit une base solide à l’Eglise, où il traite des pasteurs, docteurs, anciens, diacres, de la forme des prières et des chants, du catéchisme (il va tout réglementer).
- Il fonde l’Académie de Genève qui est devenue aujourd’hui l’université destinée à former des  pasteurs.

–> Genève devient ainsi la capitale spirituelle du protestantisme réformé.

On peut dire qu’en Europe l’expansion du calvinisme aura plus de succès que le luthéranisme. L’Edit de Nantes, promulgué par Henri IV, va d’ailleurs le protéger.

La France sera donc un état à deux religions  jusqu’au 17eS où Louis XIV va le révoquer.

–> guerres de religions en France (St Barthélémy,…)

2. Sa conception de la vie chrétienne

a) Responsabilité éthique de l’Eglise

En tant que légiste il va être appelé à collaborer à une nouvelle constitution genevoise mais sa fonction principale est le pastorat.

- A Genève, les calvinistes fondent des communautés qui s’organisent publiquement et interviennent  dans la vie sociale.

- Pour Calvin, l’Eglise doit être un signe de nouveauté de vie et entreprendre des actions concrètes dans les domaines politiques et économiques pour améliorer les conditions sociales.

- Calvin veut l’union de l’Eglise et de l’Etat soumis tous les deux à la Parole de Dieu (mais sans théocratie ni Césaropapisme).

- L’Eglise doit avoir une tâche sociale et être en accord avec l’autorité politique, qui de son côté doit protéger la prédication de l’Evangile.

- L’Eglise doit disposer d’une liberté d’action, de prédication, d’organisation, avec une limite du pouvoir politique sur son terrain, mais elle ne doit pas non plus se mêler des affaires de l’Etat (pas d’ingérence).

- Calvin était très désireux d’établir une discipline morale stricte dans l’Eglise car elle doit manifester la vie de l’évangile à travers ses membres.

Il reconnaît les ministères suivants :

  • Pasteurs –> consacrés par leurs collègues mais nommés par le gouvernement, pas de supériorité hiérarchique, prédications dont la fidélité était jugée par le conseil d’administration des sacrements (cène et baptême)
  • Docteurs –> instruisent les enfants.
  • Anciens   –> veillent à la discipline, dépendent du conseil.
  • Diacres   –> s’occupent des pauvres et des malades, nommés par le conseil.

Il a voulu transformer Genève en une ville-église

–> On parlait même de « théocratie genevoise ».

Il établit un consistoire de pasteurs (tribunal ecclésiastique) qui réprimande les membres indignes et excommunie les impénitents. Il contrôle aussi les institutions municipales, surveille les moeurs et la vie religieuse.

- La juridiction civile et religieuse tendent à se confondre
–> tentation d’utiliser le pouvoir civil pour forcer les récalcitrants (Affaire Servet).
- L’économie est contrôlée pour le bien-être social.
- Il y a un regard de l’Eglise dans tous les domaines de la vie : couvre-feu, suppression des bars et tavernes, des jeux, des théâtres, du luxe vestimentaire.
–> But : rechercher en tout la gloire de Dieu.
- Obligation de participer au culte.
- Signature d’une confession de foi et excommunication de ceux qui n’avaient pas une vie morale conforme à leurs engagements.

b) L’argent, la propriété, le travail

La fonction de l’argent est rétablie dans l’Eglise pour un bon usage : Calvin rétablit le diaconat pour rétablir la libre circulation des biens (en réaction aux usages catho. où faire voeux de pauvreté était très bien vu – cf. moines, ordres mendiants).

Exemples :
- Il ne veut pas l’abolition de la propriété individuelle mais la mise à disposition des biens au service de tous.
- Il met en place un contrat de salaire et des prêts à intérêt dont le bénéfice sert au diaconat.

–> il dit que l’argent n’est pas mauvais en soi, c’est un instrument de Dieu au service de l’homme qui doit bien en user. Il doit être utilisé pour l’échange et le service mutuel dans la communauté.

La propriété doit être sauvegardée et limitée par l’Etat (rôle de régulateur économique).
–> Elle doit être mise au service d’autrui pour éviter les inégalités sociales.

Le repos n’a pas de valeur en soi : c’est le silence que l’homme fait pour permettre à Dieu de travailler en lui. Donc l’homme est fait pour travailler et l’oisiveté est contre nature –> il dit que le chômage est un fléau social.

–> L’éthique calvinienne est un ascétisme modéré! (slogan de Calvin)

c) Bien ordonner sa vie

En se soumettant à une règle extérieure : l’Ecriture intérieure : l’Esprit Saint Pour Calvin la vie chrétienne est la recherche d’une vie sainte car l’homme ne s’appartient pas. L’homme doit rechercher la gloire de Dieu seul et se méfier des choses naturelles (biens et plaisirs du monde, la convoitise envers les autres, les sentiments religieux)

3 vertus calviniennes : sobriété – justice – piété
3 applications : ascétisme – espérance – responsabilité

L’ascétisme n’est pas une fin en soi mais un moyen –> but : empêcher l’orgueil qui fait s’élever au-dessus des autres. L’ascétisme est destiné à nous détourner des tentations égoïstes pour nous amener à la conscience de la solidarité.

« De là, il adviendra que nous ne nous efforcerons point d’attirer richesses à nous, de voler les honneurs par droits ou par tort, par violence ou ruse et d’autres moyens obliques, mais seulement nous chercherons les biens qui ne nous détournent point de l’innocence ».

Il faut être impitoyable pour soi et compréhensif pour les autres.

Ex : ne pas rechercher les honneurs et les richesses qui nous donnent l’illusion d’assurer nous-mêmes notre vie.
–> Cela montre aussi l’importance que Calvin apporte à la souffrance, à la privation : « Renoncer à soi-même, porter sa croix c’est être en communion avec le Christ ».

L’espérance libère de la peur de la mort : c’est la transfiguration du présent.
–> but : ne pas s’attacher à cette vie-ci.

« Il faut mettre notre espérance dans la vie future et ne pas nous attacher à cette vie-ci, trop précaire et malheureuse »
« Si nous pensons que par la mort nous sommes rappelés d’un misérable exil, afin d’habiter en notre pays, voire notre pays céleste, n’aurons-nous pas à concevoir une singulière consolation en cela? ».

Mais Calvin ne méprise pas pour autant les tâches humaines car le chrétien est responsable de ses actes. Il valorise le travail.

Calvin intitule d’ailleurs un chapitre de son Institution Chrétienne : « Comment il faut user de la vie présente et de ses aides » et ce sera…

La responsabilité qui permet de faire un bon usage des biens de ce monde
–> but : éviter les abus

Il dit qu’il faut user de ce monde avec mesure, être sobre en toute chose et ne pas se laisser aller à l’élan naturel qui est mauvais car incontrôlé (l’homme est pêcheur par nature).

« Il faut maintenir une distance critique à l’égard des choses, mais ne pas mépriser, par orgueil, tout aussi dangereux, les dons que Dieu nous fait, car refuser de ces dons, c’est se situer au-dessus de Dieu et une telle pratique ascétique est fausse ».

Pour cela il faut éviter deux choses :
- l’intempérance –> il faut de la modération
- l’austérité !! (un moyen, pas une fin en soi)


Comment ?

Ex : On peut admirer la nature mais pas les oeuvres humaines, l’homme ne doit pas se perdre dans la contemplation de ses propres oeuvres.

3. Différences doctrinales avec Luther

a) Généralité

Les différences sont minimes. Calvin a surtout été plus loin que Luther.

La doctrine de Luther s’est formée essentiellement à partir de 3 éléments :
1. L’enseignement catholique qu’il a reçu et qui l’a marqué (c’est un ecclésiastique).
2. Sa révolte contre les scandales et les abus de Rome (caractère entier).
3. Ses angoisses métaphysiques, sa terreur du diable.

La doctrine de Calvin part de celle de Luther et en reprend les principaux points :
- La justification par la foi.
- L’Ecriture comme seul fondement.
- Le culte simplifié qui se réduit à la prière et à la prédication.
–> Calvin n’a pas le même arrière plan que Luther (éducation, angoisse, révolte).
–> Calvin va plus loin que Luther et son esprit de juriste lui donne plus de rigueur et d’austérité (c’est ce qu’on lui reproche).

Les églises luthériennes dépendent encore de l’administration princière ou communale. Luther ne veut pas rompre avec l’Eglise catholique, il veut la réformer de l’intérieur. Il préfère les changements lents amenés par la prédication.
Les églises calvinistes elles, sont autonomes. Calvin veut une scission complète avec l’Eglise, il veut construire une nouvelle société basée sur la Bible.

A propos des statues et de la décoration des églises :
Luther « Les images sont sans vertu? Pourquoi donc s’insurger contre elles? ». Il considère qu’elles sont une aide possible à la foi.
Calvin au contraire bannit toute décoration et toute pompe. Il veut des temples aux murs nus, où l’on ne peut voir qu’une Bible posée sur la table.

A propos des sacrements :
Calvin ne conserve que 2 sacrements : le baptême et la cène sous les 2 espèces.
Luther aussi MAIS les sacrements apportent le salut et confèrent la grâce. Ils sont des véhicules par lesquels les bienfaits de Dieu atteignent les fidèles.
- Le baptême opère la rémission des péchés
- Le pain et le vin deviennent réellement le corps et le sang du Christ lorsqu’on prononce sur eux les paroles « ceci est mon corps/mon sang ».
# Luther –> c’est Dieu qui donne le sacrement au croyant
# Catho –> c’est le croyant qui offre le sacrement à Dieu

A propos de l’autorité :
Calvin abolit l’épiscopat, supprime la supériorité hiérarchique et diminue la distance qui sépare le clergé et les laïcs.

Luther est partisan du sacerdoce universel de tous les croyants mais à cause de l’ignorance des foules il est obligé de donner à l’Eglise une organisation hiérarchique. Cependant il réduit aussi la distance entre pasteurs et laïques en supprimant le célibat des prêtres (lui-même se marie). Pour établir et maintenir le bon ordre dans les églises, il demande aux princes de désigner des inspecteurs ecclésiastiques chargés de visiter les paroisses, ce qu’il fit aussi lui-même.

b) La justification par la foi

Luther va dire que :
- La justification est entièrement l’oeuvre de Dieu.
- L’homme ne peut pas y contribuer.
- Si l’homme lui fait confiance Dieu lui donne progressivement sa justice, il lui impute (attribue) une justice qu’il n’a pas encore et qui sera effective dans la vie éternelle.

Pour lui la justification se réalise en deux temps :
1. Prise de conscience de l’amour de Dieu et de sa grâce –> c’est la foi.
2. Accomplissement progressif de la régénération en vue de son aboutissement dans la vie éternelle –> où la justification sera effective.

Pour Luther, la justification peut se faire sans l’oeuvre du Christ même s’il reste l’unique manifestation de l’essence de Dieu. Il a tant insisté sur l’exclusivité de la grâce de Dieu que la place du Christ semble parfois avoir été ajoutée.

Il identifie le Christ à Dieu d’une manière excessive, il emploie couramment l’un pour l’autre.

Ce qui compte pour lui c’est d’affirmer que notre aide vient de Dieu seul même s’il reste fidèle à l’idée de la trinité.

Luther est plus théocentrique que Calvin (accent mis sur Dieu).

Justification –> par la foi en Dieu.

Pour Calvin
Pour lui, si la régénération ne peut que commencer pendant la vie sur terre, la justification elle, est parfaite d’emblée dans l’oeuvre du Christ.
Il dit que la foi justifie, mais la foi seule ne suffit pas, c’est la justice du Christ qui nous justifie. Elle est surtout un moyen par lequel nous sommes mis en contact avec le Christ.

Par contre il insiste plus sur le péché pour mettre en évidence le don de la grâce. Il ne faut pas y voir du pessimisme, mais une technique de mise en évidence (trahit sa formation de juriste).

Calvin est plus Christocentrique (accent mis sur le Christ)

Justification –> par la foi dans l’oeuvre du Christ

c) La prédestination

Chez Luther elle est moins développée que chez Calvin.
Il n’a pas résolu le problème. Il aborde surtout ce sujet dans l’interprétation des chap. 8 et 11 de l’épître aux Romains :
« Cette doctrine paraît être dure et cruelle, mais elle est très douce, car elle fait remonter à Dieu lui-même toute aide et tout salut, de sorte qu’il est le seul auteur du salut ».

Mais c’est une idée qui va le tourmenter, et il adopte une attitude contradictoire qui est due à la difficulté de se dégager de la pensée catholique : pour lui le croyant est obligé de vivre dans ce monde mauvais et bien qu’il ait reçu la grâce, il n’est jamais entièrement délivré du péché… il est en voie de justification. L’homme est ballotté entre Dieu et le diable et c’est le problème du libre-arbitre qui est ici en cause. Il n’est pas au clair sur la question.

Chez Calvin elle est plus développée que chez Luther.
Le croyant qui a foi en Christ est assuré de son élection.

Selon Calvin le fait que certains acceptent le message du Christ et que d’autres le rejettent dépend de la volonté de Dieu, qui est juste. Or, dans son raisonnement logique, si Dieu est juste et que certains sont rejetés, c’est donc que ces derniers sont condamnés à juste titre par leur faute.

Pour lui les hommes sont donc prédestinés. La foi qui sauve et qui justifie, est le signe de la grâce de Dieu qui habite l’élu. Elle doit s’accompagner d’une vie pieuse et austère, attentive aux moindres tentations du péché. C’est cet idéal terrible et exigeant que Calvin imposa à la ville de Genève.

d) Le rôle de la loi

Chez Luther
Fonction politique : il reconnaît l’autorité temporelle de la loi pour maintenir l’ordre par la force mais la politique et le spirituel ont chacun leur liberté.
- Le chrétien est divisé en deux : la chair sous la loi et l’esprit sous l’évangile (peut agir de façon double).
- Luther sépare la société civile et religieuse –> Donc la responsabilité civile du chrétien est minimisée.

En règle générale, on peut dire que la pensée luthérienne se conforme d’avantage aux attitudes, aux prises de position de l’Eglise catholique que la pensée calviniste.

ex : pendant la seconde guerre mondiale en Allemagne, l’Eglise luthérienne, s’est retranchée derrière sont rôle purement religieux, affichant la neutralité, ne se disant pas concernée, pas compétente pour s’impliquer dans les problèmes sociaux et politiques liés à la guerre et au problème juif. Elle ne se préoccupe que des questions religieuses.

Fonction dénonciatrice : elle accroît les transgressions, elle ne rend pas l’homme meilleur mais pire car tout effort humain est vain (pas d’issue)

La loi est accusatrice car elle démontre que les oeuvres ne mènent pas au salut. Il insiste sur la foi (rejette les oeuvres) –> cf. ép. Paul aux Romains.

Chez Calvin
La loi est comme un miroir qui montre la miséricorde de Dieu et l’incapacité de l’homme à accomplir sa volonté. Elle agit dans tous les domaines : religieux, politique et social.

Fonction libératrice : elle juge mais pour nous sortir de la culpabilité.
- La conscience libérée de la loi peut obéir à Dieu sans craindre le jugement.
- L’homme est à la fois libre et responsable de ses actes.

Calvin identifie la loi civile et religieuse –> la loi forme la conscience morale

L’homme montrera sa foi par ses actions –> cf. Jacques 2:18 : «Montre moi ta foi sans les oeuvres, et moi, par mes oeuvres, je te montrerai ma foi »

Calvin dit que si ce que fais l’homme sera toujours en-dessous de l’exigence éthique de la Loi, son action n’est pas dérisoire car elle témoigne du travail de l’Esprit en lui.