Chrétiens verts ?


Échos de la prédication du 16 septembre 2018 – Romains 12.2


Personne à Bruxelles n'aura manqué de voir ce week-end les changements imposés par le dimanche sans voiture. Pour les uns, journée synonyme de difficultés de transports. Pour d'autres, opportunité de se réapproprier les rues sans le vacarme et la pollution des voitures. Quoi qu'il en soit, en tant que chrétiens, cette journée est aussi l'occasion de nous interroger sur notre regard quant à l'écologie, au soin de l'environnement. Qu'en penser, Bible en main ?


Il faut admettre que nous ne pouvons pas partager l'optimisme de certains mouvements écologistes. Nous avons lu dans l'Ecriture l'ampleur de la corruption que le mal a engendré dans le cœur de l'être humain. À nos yeux, l'espoir d'un progrès radical qui transformerait l'humanité grâce à la bonté de l'homme mis en présence des bonnes informations reste illusoire. Ce dont nous avons besoin, c'est de cœurs transformés par le Saint-Esprit, libérés du mal en recevant la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ (Romains 3.23-24). Ce que nous espérons fondamentalement, c'est le jour où Dieu lui-même renouvellera toutes choses dans la Création et nous fera habiter dans un monde renouvelé, en sa présence (Apocalypse 21.1).


Pourtant, bien des motifs bibliques nous encouragent, en attendant ce jour, à nous engager nous aussi pour la préservation de notre environnement. D'abord parce que l'ensemble des êtres humains, dès l'origine, sont appelés à être représentants de Dieu sur la terre, au sein de la Création (Genèse 1.26). Pas les représentants d'un tyran qui malmènerait ses sujets, mais les représentants de celui qui prend soin de chacune de ses créatures (Psaumes 136.26) et nous fait la grâce de nous engager à ses côtés. Les représentants d'un Créateur dont les oeuvres devraient faire humblement admirer la sagesse, et pas susciter un désir sans fin de domination.


L'engagement chrétien dans la préservation de l'environnement revêt par ailleurs un autre motif, criant à travers toute l'Ecriture : l'amour du prochain. Ce ne sont pas seulement des écosystèmes qui sont menacés par nos modes de vie, ce sont des personnes. Ouvriers travaillant dans des usines insalubres, pécheurs privés de leur source de revenus, agriculteurs intoxiqués aux pesticides, enfants grandissants avec le béton pour seul horizon, etc. Ce sont les êtres humains aimés de Dieu que l'on maltraite. Le chrétien ne peut s'y résoudre. Au contraire, il a vocation à s'élever contre ce qui écrase ses semblables (Proverbes 31.8-9)


Finalement, l'écologie serait peut-être l'occasion de nous réapproprier l'appel biblique à la simplicité (p. ex. 1 Timothée 6.6-8). Nous chrétiens avons tout en Jésus-Christ. Notre vie est assurée en lui, et jamais il ne nous abandonnera. N'est-ce pas là une stabilité qui vaut toutes celles que les êtres humains tentent de créer par leurs possessions et leur pouvoir ? N'avons-nous pas en Dieu une richesse suffisante pour ne pas devoir sans cesse courir après le dernier appareil ou la dernière sortie à la mode ? La convoitise sans bornes d'un grand nombre d'êtres humains, l'idolâtrie de la croissance, sont derrière bon nombre des désastres qui affectent notre monde.


Ainsi, nous avons assurément des raisons, en tant que chrétiens, de nous intéresser à l'écologie. Mais cela ne risque-t-il pas de nous détourner de notre vocation première, la proclamation de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à toute créature (Matthieu 28.18-20 ; Colossiens 1.23) ? Je ne crois pas.


Au contraire, la préoccupation pour l'environnement ferait plutôt pâlir les attraits d'une société de consommation et de divertissement qui a déjà trop largement attiré nos regards loin des préoccupations de notre Seigneur. L'engagement à prendre soin de ce que le Créateur nous a donné sera lui l'occasion de rendre témoignage à sa sagesse et à sa générosité. Quant à la volonté d'aimer en vérité nos prochains qu'on maltraite, quel meilleur moyen de donner crédit au récit de l’Évangile : un Dieu infiniment sage et généreux, qui s'engage jusqu'à mourir par amour pour les humains qu'il veut sauver de leur propre révolte. Les serviteurs d'un tel Dieu ne peuvent pas être empêtrés dans la quête du confort et de la préservation de leur sécurité...


Puissions-nous donc, par des attitudes transformées, et par le nom de Jésus-Christ que nous leur associerons explicitement, manifester qu'un monde nouveau est bel et bien en préparation, par la grâce et pour la gloire de notre Créateur et Sauveur.


Le texte, les enregistrements audio et vidéo de nos prédications, ainsi que des questionnaires autour de celles-ci sont disponibles chaque semaine pour les personnes ayant demandé à recevoir notre lettre d’information.

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